L’Assommoir de ZOLA : un roman magnifique

Attention l’heure est grave et solennelle, aujourd’hui je vous parle littérature. Non j’déconne hein, vous pouvez vous détendre parce que déjà qu’on va parler d’un ouvrage classique on va éviter de se faire un revival des cours de français au collège.

club lecture dounia joyC’est donc ma première participation au Dounia-Joy’s book club, faut dire que dans la liste, un thème m’a particulièrement inspirée :

1 – « Un avis sur un livre classique »

  • Qui concerne les auteurs du XVIIème siècle, et leurs œuvres, qui reprenaient les codes esthétiques de l’Antiquité.

  •  Qui fait autorité, qui est considéré comme un modèle.

  •  Auteur ou œuvre qui fait autorité, dont la valeur est unanimement reconnue.

2 –  « Un avis sur le dernier livre que vous avez lu ».

Avec un ouvrage classique qui fait autorité, j’ai pas eu à chercher loin de quel bouquin j’allais vous causer car c’est l’occasion de vous présenter mon roman préféré (de tous les temps) : L’Assomoir d’Émile ZOLA.

On va commencer par un petit point sur l’auteur :

L’ami Émile (ouais j’ai une citation de Germinal tatouée sur la cuisse, autant vous dire que tous les deux on est intimes) c’est un écrivain du XIX siècle. Un mec engagé (on se souvient de « J’accuse », lettre ouverte à propos de l’affaire Dreyfus pour laquelle il est passé en justice. Pour plus de détails, Wikipédia est votre ami), critique littéraire et dont les romans sortaient dans les journaux sous forme de feuilletons. Zola c’est l’ancêtre de la série TV et ça, quand même la classe. Sa saga des Rougon-Macquart qui suit une famille sur 5 générations est un best-seller absolu qui dépeint la société sous le second empire. D’ailleurs, L’Assomoir est tiré de cette saga.

Alors de quoiqu’il parle le livre ?

Gervaise Macquart a quitté Plassans et la Provence, avec son amant Auguste Lantier et ses deux bâtards, Claude et Etienne, pour tenter sa chance à Paris. Mais Lantier abandonne la jeune femme pour une autre. Gervaise se retrouvant seule se rapproche de son voisin Coupeau, un ouvrier zingueur, avec qui elle se marie. Travailleurs, ils gagnent bien leur vie et vivent rue Neuve-de-la-Goutte-d’Or, tout près de chez Goujet, un jeune forgeron qui vit avec sa mère. Bientôt naît une petite fille, Nana. Mais Cou- peau, jusqu’alors bon mari et bon père, tombe d’un toit et voilà qu’il se fait rattraper par la paresse suite à son immobilisation.

Gervaise, qui a dépensé toutes ses économies pour éviter l’hôpital à son mari, désespère de jamais ouvrir la boutique de blanchisseuse à laquelle elle rêvait. Le forgeron Goujet, secrètement amoureux d’elle, lui prête l’argent nécessaire. Attiré par sa bonne fortune, Lantier, son premier amour réapparaît. Coupeau, aveugle ou complaisant, installe Lantier dans la blanchisserie et Gervaise, écœurée par l’ivrognerie de son mari, redevient la maîtresse du chapelier. De plus en plus gourmande et paresseuse, ruinée par ses deux hommes oisifs qui lui mangent sa boutique, elle sombre à son tour dans la boisson tandis que Nana devient fille de joie.

Mon avis à moi :

L’Assommoir c’est un bouquin qui me prends aux tripes. Et pourtant je le connais par cœur, j’ai dû le lire 15 fois. Il y a une force phénoménale dans les descriptions de Zola, qui te font vivre l’époque : les cris des enfants du quartier de la Goutte d’Or, la puanteur des rues populaires, la texture des linges que Gervaise manipule dans sa boutique. C’est un roman qui parle aux 5 sens, du cinéma sur papier.

Et puis, j’aime la violence de cet univers, la violence de la vie envers ces personnalités toujours sur le fil avec la misère noire à portée de main. Il y a une prise de conscience de l’époque dans laquelle nous avons la chance de vivre, un espèce de dégoût fasciné pour cette France populaire et misérable.

Alors c’est sûr que niveau intrigue vous pouvez vous asseoir sur les mystères policiers et les rebondissements haletants. L’action vient de l’intérieur, des tourments des personnages. Personnages qui, soit dit-en passant, sont d’une richesse magnifique : il n’y a ni bons ni méchants, juste des caractères bouleversants d’humanité.

En fait c’est CA que j’aime dans L’Assommoir : tout est juste. Il n’y a ni voyeurisme, ni compassion, ni dramaturgie. C’est un roman poignant de sincérité.

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